Une entreprise belge sur cinq continue de repousser la facturation électronique

Une PME moyenne perd 14 400 euros par an en repoussant la facturation électronique

Près de six mois après l’introduction de la facturation électronique obligatoire, une entreprise belge sur cinq continue de repousser le passage au numérique. Les données de marché d’AFAS Software montrent que le principal obstacle aujourd’hui n’est pas technique, mais humain. Cette attitude attentiste coûte entre-temps à une PME moyenne plus de 14 400 euros par an en raison de l’inefficacité administrative.

Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique via Peppol est obligatoire pour les entreprises belges. Dans les environnements administratifs, la transition est souvent déjà bien ancrée, mais dans de nombreuses entreprises, la pratique reste à la traîne. Cela creuse l’écart entre les entreprises qui organisent leur processus de facturation de manière structurellement plus efficace et celles qui continuent de s’appuyer sur des PDF, des contrôles manuels et des solutions temporaires.

Selon AFAS, le plus grand risque ne réside pas dans d'éventuelles sanctions ou amendes liées à la TVA, mais dans les pertes quotidiennes que les entreprises elles-mêmes ne perçoivent guère. Chaque facture traitée manuellement nécessite du temps, des vérifications et des corrections. C'est précisément là que les coûts grimpent rapidement.

Le traitement manuel des factures coûte des milliers d'euros par an aux PME

L'impact financier du report est considérable. Selon l'agence gouvernementale BOSA, le traitement manuel d'une facture papier ou PDF coûte en moyenne entre 12 et 15 euros. Via le réseau numérique Peppol, ce coût tombe à moins de 3 euros. Pour une entreprise qui traite manuellement environ 100 factures entrantes par mois, la différence s'élève à plus de 14 400 euros par an.

« De nombreuses entreprises se concentrent surtout sur l’effort nécessaire pour passer au numérique, mais oublient combien d’argent elles perdent déjà aujourd’hui en ne changeant pas », explique Machiel den Dekker, directeur chez AFAS Software en Belgique. « Le véritable coût ne réside pas dans la mise en œuvre, mais dans le fait de s’obstiner à conserver le traitement manuel. »

La technologie est mature : seulement 3 factures erronées sur 5000

Les craintes liées aux « maladies de jeunesse » s’avèrent infondées au vu des chiffres récents. Une analyse de plus de 330 000 messages de facturation réalisée par AFAS a révélé que seuls 220 messages contenaient une erreur. Cela correspond à une marge d’erreur de 0,06 %, soit environ 3 factures erronées sur 5 000.

Den Dekker : « Ces chiffres montrent que Peppol est techniquement prêt pour une utilisation à grande échelle. Aujourd’hui, le débat porte bien moins sur la technologie que sur les comportements. Le défi réside dans les habitudes, l’incertitude et la résistance au changement. Les entreprises ne doivent plus rester dans l’expectative, car entre-temps, le compteur continue de tourner. »

Cette base numérique prend d’ailleurs de plus en plus d’importance. « Les données de facturation structurées permettent non seulement un traitement plus rapide, mais constituent également une condition indispensable à la poursuite de la numérisation et aux futures applications d’IA. Ceux qui continuent aujourd’hui à travailler avec des PDF et un traitement manuel bloquent la voie de l’innovation. »

La prolifération des prestataires Peppol est source d’incertitude supplémentaire

La fragmentation du marché constitue un frein supplémentaire à la transition. On estime à plus de 250, le nombre de prestataires Peppol actifs en Belgique. De ce fait, de nombreuses entreprises ne s’y retrouvent plus. L’obligation crée en outre un marché sur lequel des acteurs moins spécialisés proposent rapidement des solutions.

« Chaque fois qu’une nouvelle obligation s’impose aux entreprises, on voit apparaître des acteurs qui veulent rapidement tirer parti de cette incertitude », explique Machiel den Dekker. « Pour les PME, cela n’est pas sans risque. Une solution bon marché ou temporaire peut sembler suffisante aujourd’hui, mais elle peut à terme entraîner une complexité supplémentaire, des systèmes redondants et des coûts cachés. »

Dans la pratique, certaines organisations optent donc pour des outils isolés ou des interfaces temporaires. À court terme, cela peut sembler être une solution rapide, mais à plus long terme, cela risque d'entraîner des coûts supplémentaires, une fragmentation des données et une complexification des processus. Selon les experts, il est donc plus judicieux de ne pas considérer la facturation électronique comme un simple module complémentaire, mais comme un élément structurel du fonctionnement financier et administratif.

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À propos d'AFAS Software
​AFAS Software développe des logiciels de gestion d'entreprise qui regroupent et automatisent les processus administratifs au sein d'une seule et même solution centralisée. Forte de plus de quinze ans d'expérience sur le marché belge, AFAS aide les organisations à simplifier leur administration et à réduire les doublons.

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